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La limite de l'illimité

Il y eu un temps ou l’accès à Internet était limité dans la durée car facturé à la minute d’utilisation. A cette époque, pas si lointaine, on disposait d’un débit royal de 56 Kbits/s. Maintenant que nous disposons presque tous d’un accès ADSL ou même d’un accès vraiment haut débit avec la fibre optique l’utilisation de tous types de services Internet devient possible.
Le potentiel est tel que les prestataires de services Internet ou Cloud sont nombreux à proposer des services dit illimités, à l’instar de Google qui proposait un service illimité de stockage de photos. Certes, pour bénéficier de cela il fallait accepter une résolution maximale des photos mais celle-ci est largement compatible avec l’extrême majorité des usages associés. Ceci ouvrait la voie à l’idée que toute une vie de photos puisse être stockée de manière, a priori, sûre. 

Pourtant à compter du 1er juin 2021, ce stockage illimité en volume et en durée s’arrêtera au profit d’un service facturé mensuellement et par tranche de volume. Au-delà de la frustration personnelle, ceci était inéluctable car qui peut croire que Google stockerait un nombre illimité de photos pour un nombre de personnes nécessairement croissant et de surcroit pour une durée éternelle ? 

La tentative de l’illimité se trouve dans nombre de services mais, le diable étant dans les détails, moultes petites lignes des contrats viennent souvent réduire cette limite. Ainsi par exemple les opérateurs télécoms proposent des usages illimités mais en « bon père de famille » … ce qui se matérialise quelques fois par un nombre maximal d’appels par jour ou par des appels autorisés de moins de 3 heures. D’ailleurs, quand l’opérateur juge que ce n’est pas le cas, il s’autorise même à couper le service (https://www.lepoint.fr/high-tech-internet/son-operateur-lui-coupe-internet-car-il-abusait-de-son-forfait-illimite-26-11-2020-2402854_47.php).
Les constructeurs de matériels ne sont pas en reste puisque certains proposent des garanties à vie … à l’exception des composants qui tombent en panne. Ainsi certains commutateurs réseaux ont de telles garanties à l’exclusion de l’alimentation qui est justement le point faible de ces derniers. Ils misent aussi probablement sur l’obsolescence technologique qui fera qu’en 2020 probablement personne n’ira demander la réparation d’un switch 100 Mbits. 
Il y a aussi les services de stockage à vie à l’image de Pcloud mais dont les dispositions contractuelles autorisent les modifications des conditions du service. Dit autrement, le service est à vie … jusqu’à ce que le fournisseur change d’avis. 

Enfin les services cloud qui présentent de fait l’illusion d’un capacité infinie (https://alliancegreenit.org/media/position-paper-le-cloud-est-il-green.pdf) ne contribuent clairement pas à la sobriété numérique en incitant les utilisateurs à utiliser toujours plus de services. Sans tomber dans le syndrome du rétroviseur, il n’est pas idéaliste de faire une utilisation raisonnée de ces services. 
Un service illimité est donc voué à être limité à plus ou moins court terme car rien n’est illimité, à l’exception peut-être de l’imagination des services marketing.